Easy Breezy Layers

Just a little article I wrote interviewing two Montreal fashion bloggers and taste of my Frenchie side. 
 

Sa double vie en péril?

 

La femme se fait plus belle que jamais à Montréal. Si belle qu’elle a besoin de l’afficher partout grâce à un éventail de réseaux sociaux. Elle est mieux connue sous « bloggeuse de mode » avec de magnifiques photos mettant en valeur ses aspects physiques et son style vestimentaire, souvent même célèbre! Cependant, l’explosion de cette occupation, voire profession, se fait à travers le monde –  l’on ne sait désormais plus vers qui se tourner. Comment se débrouiller dans cet océan de voix?

 
Dahye Jung, 19 ans, est étudiante à temps plein au cégep Marianopolis. À date, rien ne la démarque du troupeau. Comme la majorité des demoiselles de son âge, ses principales préoccupations sont les études, la vie sociale, son futur. Sans son blogue, il aurait été impossible de savoir qu’elle mène une double vie, celle d’une bloggeuse de mode sur la scène internationale. Branchée de New York jusqu’à la Corée du Sud en passant par Barcelone, elle est en train de tendre la main à un nombre toujours croissant d’abonnés, et ce, dans un monde virtuel. À vrai dire, elle n’est pas la seule non plus. Il n’est pas rare de voir un nombre incalculable de bloggeuses, elles-mêmes avec des millions d’abonnés. Prenons pour acquis que la jeune femme fréquente des blogues de mode au moins une fois dans sa vie. Comment et pourquoi choisirait-elle le blogue de notre Dahye de Montréal plutôt que celui de la belle Shelly de Stuttgart, ou bien de l’irréprochable Anastasia de Umeå?  
 
C’est ce que constate un nombre grandissant d’abonnés. Même les plus séduites par ce domaine ont un nombre d’heures fini à y consacrer. Il faut ainsi choisir la crème de la crème. Ce sont les blogues qui plaisent le plus aux goûts personnels, ceux qui restent personnalisés, pouvant offrir quelque chose de différent. Or, ce dernier critère est souvent négligé au détriment de la célébrité à tout prix.
 
Le côté noir du blogging     
 
Il faut se rappeler que le but premier de l’industrie de la mode est de vous influencer. 
 
Les blogues de mode les plus notoires ont tous moins de six à sept ans, ce qui est minime. Les internautes d’aujourd’hui sont en effet la première génération à assister et à participer à une toute nouvelle approche du partage de la mode. Les premières bloggeuses sont authentiques et n’hésitent pas à diffuser leur propre style sans nécessairement suivre la mode selon Vogue et à attirer l’œil pour leur unicité. Les médias ne tardent pas à réaliser toute l’attention qu’elles reçoivent, mais surtout, leur influence dans ce domaine. Soudainement, une telle est invitée à un défilé de mode, une autre est demandée de faire une collaboration avec une marque de haute couture. Leur potentiel de marketing est en plein essor, et il est dorénavant presque impossible pour n’importe quelle marque de se passer de faire la promotion de ses biens à travers cette source fraîche. 
 
Ceci entraîne quelques complications. De nombreuses compagnies envoient le même produit à plusieurs bloggeuses. Les bloggeuses, surtout les nouvelles, sont toutes excitées de bénéficier d’items gratuits. En échange, elles n’ont qu’à prendre de belles photos les mettant en valeur. On peut en voir l’enchaînement : il n’en est plus du filtrage, et exactement la même marchandise est en train d’être promue de blogue en blogue. On aurait beau croire visiter un blogue personnalisé, mais en fin de compte, il ne s’agit que de publicités à deux pattes… ou à deux talons?
 
Les vedettes virtuelles
 
Comment rester crédible là où existent des motifs cachés? Deux bloggeuses montréalaises nous éclaircissent sur l’enjeu. Avant ce, une brève présentation. 
 
La double vie de Dahye est partagée entre sa position de bloggeuse à heydahye.com et son rôle d’étudiante. Elle assiste à de nombreux défilés de mode, notamment à ceux de la Semaine de la mode de New York, qui est un des événements les plus médiatisés de l’industrie. D’ailleurs, elle a lancé son blogue en 2010 seulement comme passe-temps, encore naïve par rapport au marketing de conformisme, lui-même encore à un stade prématuré. Elle avoue que c’est la régularité et la volonté qui lui ont valu son prestige d’aujourd’hui. Séduite par le minimalisme, ceci se traduit très bien dans l’esthétique de son blogue et de ses photos. 
 
Naomi Larocque est une bloggeuse passionnée de la mode et n’hésite pas à partager son amour pour le vintage et sa palette de couleurs vives sur fashionismyreligion.ca. À 20 ans, elle a déjà un puissant bagage dans l’industrie avec ses nombreuses collaborations encourageant surtout les marques locales, et avec les nombreux événements de la mode montréalaise auxquels elle a participé. Les articles de Naomi proviennent toujours de péripéties personnelles, mais « le tout raconté au travers du milieu de la mode ». En effet, elle sent qu’il s’agit d’un univers où peuvent surgir des milliers de possibilités de créer pour soi-même. 
 
Ce n’est pas que par leur blogue qu’elles ont pu se hisser au sommet. Elles sont connectées à une panoplie de réseaux sociaux par lesquelles elles diffusent ou bien complètent une nouvelle publication. Les deux ont plusieurs milliers d’abonnés à leur compte Instagram. Pour Dahye, Youtube est l’un de ses outils les plus précieux; il s’avère avoir beaucoup plus de trafic appréciant ses lookbooks ou journaux de voyage. Naomi préfère Facebook, puisque ce réseau facilite davantage l’interaction avec sa base d’abonnées.   
 
Un remède tendance
 
Toutes les bloggeuses collaborent avec des marques à un certain point; c’est un avantage incontestable pour les deux partis. Cependant, ceci peut remettre leur authenticité en question.  
Dahye fait remarquer que l’un des grands privilèges d’être bloggeuse est d’avoir le premier aperçu des nouveaux produits envoyés gratuitement par les marques. De plus, maintenant que les bloggeuses saturent le Web, il est complètement naturel d’observer des tendances similaires entre elles, surtout quand on les compare à l’ère primitive du blogging.
 
Toutefois, elle conseille fortement de s’établir des mesures concrètes de filtrage, telles : 
« Est-ce vraiment mon style ou suis-je en train de l’accepter gratuitement? », et « Cette marque reflète-t-elle mes goûts vestimentaires; aurais-je envie de la recommander à mes lecteurs? ». 
Sans celles-ci, la notion du style personnel deviendrait absente, car quoi de moins authentique que ce qui est poussé par l’argent? 
« Je pense qu’aucune personne ne devrait créer un blogue dans le but premier d’en faire de l’argent ou d’obtenir quelconques bonus… Car dans les moments creux ou plutôt difficiles, cette personne n’aura pas la patience de surmonter les obstacles et ne trouvera pas de plaisir à le faire », explique Naomi.
 
Pour trouver l’équilibre entre les produits réellement achetés et ceux reçus, il s’agirait en fin de compte de voir si elles les paieraient de leurs poches. Par exemple, Dahye n’aurait jamais acheté de ses propres sous la paire de lunettes farfelue qui lui a été suggérée. 
 
Non seulement cela, mais Naomi rajoute qu’il ne s’agit pas seulement du filtrage des articles, mais aussi du contenu publié en tant que tel :
« Le problème est que, si je décide de couvrir ces domaines sur mon blogue mode, mon lectorat se désintéresse et peut ressentir que mon blogue n’est plus aussi précis en terme de sujet mode. Mes lecteurs me suivent pour mes articles en mode et non pas pour des articles musicaux ou « foodie ». Je dois faire attention de respecter l’intérêt de base de mes abonnés, autrement je pourrais rapidement perdre leur présence sur mes plateformes ». 
 
Les deux bloggeuses convergent sur le point suivant : crédibilité est égale à honnêteté. Les lectrices peuvent facilement discerner si elles sont elles-mêmes ou non. Le blogue reflétant l’image de sa propre marque, la cohérence de son style personnel en devient le meilleur atout.  « C’est beau de promouvoir le luxe et l’industrie de la mode, mais si on ne réussit pas à envoûter le lecteur et à lui faire sentir qu’il peut, lui aussi, faire partie de ce monde utopique, celui-ci ne se sentira pas interpellé et ne reviendra pas sur le blogue».
 
Au final, les bloggeuses sont influentes parce qu’elles plaisent. Pourquoi plaisent-elles? Parce qu’elles se sont trouvée une voix – un cheminement différent des autres dans cet océan – pourtant séduisante par la diversité de leur unicité. Naomi résume les propos d’une belle manière :
« La crédibilité semble toujours être une chose difficile à comprendre mais elle reste pourtant bien simple : il faut rester soi-même. Il est important de faire les choses par nous-mêmes et surtout pour nous-mêmes. Du moment que l’on apprend à s’accepter complètement, on s’assume et quand on s’assume, on peut dire tout ce que l’on veut sans craindre l’opinion des autres. C’es une belle liberté à s’offrir je crois ». 

Pictures by Dahye
Tank top: Uniqlo
Monk-strap creepers: Zara
Sherpa bag: Ecote

Katia xx

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